11.05.2009

Avanguardia N°36 (anno 12, 2007)

Marie-Gabrielle Montant, A mi-parcours, Editions du Cygne Collection "Le Chant du Cygne", Paris 2007, pp.90


E giunta da poco in libreria, ma ha già catturato la fantasia e l'entusiasmo di innumerevoli lettori, il secondo testo di prosa poetica di Marie-Gabrielle Montant, delle cui qualità scrittorie ed espressive avevamo già avuto una significativa prova con la sua prima opera, Le livre de l'anomalie, da noi già recensito ed a proposito del quale sono pervenute in redazione molte email di lettori interessati a saperne di più. Ora, Marie-Gabrielle ci offre un'altra, nutrita serie di riflessioni che andranno di certo ad imprimersi nella nostra mente e nella nostra interiorità non resta dunque che leggere questo libro e, come già fatto per il precedente, gustarlo pagina per pagina.

 

 


Introduction

 

 

Prise un jour, jouant l'eau de la rivière de peau qu'un glissant serpent d'acier vert à ce puissant amant martela d'étoiles - à ce front d'ivoire... je décrivis, par son aspect - la couverture triangulaire de ce brillant de foi qui a fait l'eau.

La loi venue d'ailleurs s'épandait encore en des bras que j'aimais, tandis que l'amour d'un jour fuyait son tour, une gorge nouée douloureuse et sa note tenue d'infinies paroles amères...

J'aurais pénétré l'endroit plaisant au dieu rallongeant notre ciel de quelque décennie, sans le sourire envieux de la mort joyeuse jaloux de la séquence à deux tressant des peines comme amoureux du parler doux de duveteuses soies animales.

Je choisis au caillou du trois de lier secousse et tendre émoi, puisque ce barbare édenté - courant des bois à sa perte - la mienne absente, je buvais au courant des trois ajouté - succédant à cet autre détroit...

La danse longue, ronde - j'applaudis pour toi, et toi seul - le dieu pour l'homme, et pour celui que j'aime... l'une des pierres qui grondent sous ce jeu d'eaux miséricordieuses.


A nous, donc - aux autres...


Marie-Gabrielle Montant, op.cit.,p.6


E ancora :

 

 

L'abus du maître...met à l'envers ce corps.


Tu sieds, tu ne sais pas.

Tu dois, ne le dis pas.


La blessure est ce qui te sauve d'un nouvel aurevoir.


"Je sais où dans ton coeur puiser la dime faisant régner l'erreur", dirait-il magnanime - le maître en foi !

Seul, est un maître nu, cratère de mue sans âge... sevrage de nos rues...


A la question "qui suis-je ?", je répondais

comment il servirait de le savoir sans connître mon nom...

Grande paresse de qui s'en est allé quêter l'Amour...


Passer par le plaisir pour accéder à l'être...

Commencer d'écrire un poème à travailler,

en traduire les idées maîtresses...

 

Plus besoin de coussins, ni de parade, la porte refermée, il cède là où l'appréhension physique masquait la peur plus spirituelle : sa nature... Embrasse-moi, emmène-moi - aux mains sales - écoeurée, l'amour brassé, regard poilu, sourcil félin exorbité de singe, désir moribond - meurtrière - vague et trépas anguleux blasphémant tes pas... Ne m'oblige pas, mais sauve-toi : ils viendront protéger ton souffle... Il ne voit pas. J'oublie, face à l'amplitude couvrant gêne bourgeoise et vers éjaculés quadrillés des faits mal armés de notre courage des mots malhonnêtes. Ouvrage catin, experte en lendemains de femmes assorties utérines : paradoxal, amical, oral, peureux, moral - amour au féminin désireux du lien. Plus bas : au romarin épris de repentir : "Reviens, reviens, demain...". Cet amour - au pré des verbes mensongers épargnait le regard sulfureux du seul amoureux combattant l'heure duelle - d'une plainte et sosie - chantant, quand vous parlementiez - riant, quand vous émerveilliez, égoïstement travestie... sa maison faille au plebiscite.


Le jour est aujourd'hui celui d'hier...


 

Ivi, pp.7-8


Ma l'autrice ha ancora molte ed interessanti cose da dirci : comunicare a voce, oltre che tramite la carta stampata, è - infatti - una delle sue prerogative, unite ad un'intensa affabilità e ad un sorriso che conquista. Leggiamo ora uno stralcio di una sua recente intervista :


1/ Come è nata l'esperienza di questo secondo libro, dopo l'indubbio successo dell'approfondita riflessione sull'anomalia ?

Comment est née l'expérience de ce deuxième livre, après l'indubitable succès de la réflexion approfondie sur l'anomalie ?

 

A mi-parcours est un bouquet d'écritures au carrefour de ma vie. Ce titre dit l'arrêt nécessaire à une prise de conscience importante dérivant du choix. Je crois d'ailleurs que l'écriture considérée au même titre que notre vie permettrait d'en voir les beautés conjointes... Prenez, par exemple, les rencontres amicales et l'entraide vécue lors du grand ballet de la synchronicité, ou bien l'émerveillement que suscitent nos complémentarités dès que nous les percevons bénéfiques, à plusieurs : je crois qu'à l'échelle de nos mots, c'est vraiment la même chose... En ce sens, A mi-parcours reprend le message du livre de l'anomalie, en rééditant la confiance que je mets dans la vie de l'écrit.

 

A mi-parcours è un bouquet di scritture all'incrocio della mia vita. Questo titolo, infatti, esprime la necesiità di una sosta per un'importante presa di coscienza derivata da una scelata. D'altra parte, credo che la scrittura considerata allo stesso titolo della nostra vita permetterebbe di vederne le bellezze congiunte... Prendete, per esempio, gli incontri amicali e la solidarietà vissuta nel momento del grande balletto della sincronicità, oppure la profonda meraviglia che suscitano le nostre complementarietà dal momento in cui le percepivamo, nel loro effetto, decisamente benefiche, in più persone : credo, inoltre, che, sul piano delle nostre parole, sia davvero la stessa cosa. In questo senso, A mi-parcours riprende il messaggio di Le livre de l'anomalie, ribadendo daccapo la fiducia che metto nella vita dello scritto.

 


2/ Che cosa intende costruire con una pratica scrittoria diffusa e prolungata ?

Qu'envisagez-vous de construire par une pratique de l'écriture diffusée et prolongée ?

 

Un monde nouveau. Une route sûre. Ce que j'expérimente à travers mon écriture est en effet de pouvoir reconstruire ce qui a pu être brisé et virtuellement, de rattraper le vase avant qu'il ne touche le sol. Je souhaite à travers ma recherche vivre et sans doute découvrir comment s'extraire d'une apparente "mise en scène", ce qui permettrait au lecteur de se retrouver en un sens paradoxalement, mais pleinement acteur du réel. Je souhaite également tracer un chemin qui conduise au savoir en profondeur, loin du doute et d'une perception trop radicale de la réalité. J'aimerais enfin m'assurer que l'univers intérieur est solide et que l'air que je respire ici, je le respire là-bas aussi.

 

Un monde nuovo. Una via sicura. Quella che esperimento attraverso la mia scrittura è in effetti, la possibilità concerta di ricostuire quello che potrebbe essersi rotto e, virtualmente, di poter raccogliere il vaso prima che esso tocchi il suolo. Auguro dunque, attraverso la mia ricerca, di vivere, e senza dubbio di scoprire come fare a venir fuori da un'apparente messa in scena, al fine di permettere al lettore di ritrovarsi, in un senso - paradossalmente ma pienamente - vero attore del reale. Auguro ugualmente di tracciare un cammino che conduca al sapere in profondità, lontano dal dubbio e da una percezione troppo radicale della realtà. Infine, amerei assicurarmi che l'universo interioe sia solido e che l'aria che respiro qui, la possa poi respirare anche di là.

 


3/ In quale reciproco rapporto stanno, in quest'ultimo libro, ragione e riflessione ?

Dans quel rapport réciproque se situent, dans ce dernier livre, raison et réflexion ?


La raison est ce qui me permet de contrôler la qualité de ce que j'écris, penser à racourcir, oser, détourner ou laisser en gage au lecteur - découvrant le sens qui se présente à la construction dès qu'elle est suffisamment harmonieuse et musicale. La réflexion correspond alors au courant dans lequel m'entraîne l'écriture, tandis que les seuls moyens de la raison ne lui suffisent pas à poursuivre son cours jusqu'à un delta. C'est pourtant la raison qui conduirait l'écriture à épauler la réflexion...


La ragione è quella facoltà che mi permette di controllare la qualità di quello he scrivo, di pensare a come accorciare, osare, sviare o lasciare in pegno al lettore - scoprendo cosi' il senso che si presenta alla costruzione stessa non appena è sufficientemente armoniosa e musicale. La riflessione corrisponde poi alla corrente nella quale mi trascina la scrittura, mentre i mezzi della ragione sola non bastano, perché il suo corso prosegua fino ad un delta. E pertanto, la ragione condurrebbe la scrittura a sostenere la riflessione...


 

4/ Tra i vari progetti editoriali del futuro, potrebbe trovare posto l'idea di una traduzione in lingua italiana dei suoi lavori ?

Parmi vos projets éditoriaux du futur, se pourrait-il que vous envisagiez une traduction en langue italienne de vos travaux ?


Oui, avec le plaisir de pouvoir les lire dans ma langue paternelle, une langue que j'aime et connais suffisamment pour désirer prendre ce risque. Je crois que dans le cadre d'une voie poétique, la traduction intéresse d'abord aussi par elle-même, du fait qu'elle résulte d'une écoute attentive. Car la poésie qui conduit à un sentiment spirituel, ou vrai - traduit déjà ce langage que j'aimerais pouvoir un jour assimiler à celui de mon âme - son possible effet sur la conduite de ma vie, ainsi que sur la création présente et à venir.


Si, con il piacere di poterli leggere nella mia lingua paterna, una lingua che amo e che conosco sufficientemente per desiderare di correre questo rischio. Credo che, nel quadro di una via poetica, la traduzione interessi prima anche per se stessa, ovvero proprio per il fatto che risulta essere il frutto di un ascolto che desta attenzione. Tutto questo, è ovvio, deriva dal fatto che la poesia conduce ad un sentimento sprirituale o, meglio, - traduce già un linguaggio che amerei un giorno assimilare a quello della mia anima - ovvero, un suo possibile effetto sulla condotta della mia vita, anzi persino sulla mia creazione presente e su quella a venire.


 

Prima di congedarci da Marie-Gabrielle non possiamo pero' non rileggere con lei un passo essenziale di questo suo ultimo libro, al cui interno si svelano ulteriori, interessanti aspetti della sua generale riflessione e del suo approccio con la parte più interna, più segreta e, qualche volta, anche meno conoscibile di noi stessi.

 


 

XXXIV


Entêter en des lettres closes notre adresse inchangée.

Ebaucher ce visage, pour l'amie de ses atouts contacts.

Apprivoiser notre ennemi dont l'avenir tressaille.

Lire, a demi mot une enveloppe d'or.

Citrouilles et gonds aigüs, catastrophismes crus à d'imminentes vues, rondeurs aéroplanes, éternuements intrus, fraîcheur de gamme aux amalgames du nu ?


Non, je n'analyse pas ce qu'à d'autres ferait craqueler la voix et racler le regard...


Ma maison fut offerte à mon père, où s'il ne devait point y avoir pris son repos, je serais morte, en fantaisie critique d'amnésie laconique... Prédisons sa bénédiction prévenant d'une action l'enfer au paradis de la pluralité des dont dans ce mélange des inactions. Ma maison vivante ne craint ni sa corruption, ni sa corrosion... braquerait-on le désespoir de notre être profond ouvert à la rencontre du triangle des bois de sa confusion ?

 

J'aime en vain ce qui n'est jamais rien...



Ivi, p. 77



Alessandro Cesareo

 

 


09.05.2009

Bienvenue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08.05.2009

Agathe Are

...

 

Agathe Are : - Pauvres et puissantes, sont vos larmes...

Jeune Ami :  - Elle a écrit !, elle a osé écrire !

Agathe Are : - Et vous envahissez ces lieux.

Jeune Ami :  - Rictus à la forme légère... mieux. Vomissure des dents à la prière (votre chasse gardée : tenez, vous y entrez d'un courage oublié). Votre victime est nette - éloignée du risque, tel amant amoureux - d'une pitié sans faille : "je vais aimer la perspective, en révisant les angles morts, mon Amour..." (j'ai volé dans vos ailes !). Rebours d'un verbe - regard exorcisé. Vous riez d'un air tendre - je suis, - en étant muet. Tant d'amour ? Lisez, ce qui vous vient exprès - pour la foi de vos pères, dans une simplicité vraie...


Agathe Are :

"Agathe Are se lit comme ce patchwork du passage poétique dont je ne reviens pas, offrant d'y trouver de meilleurs commencements. Vous - les yeux de biseaux - montrez-moi ce chemin, fréquentable : je veux y souffrir les caresses, et conduire - votre peuple, au roi... j'aime avant tout écrire - fichant les contradictions... debout - assise, ou rien derrière - j'ai besoin de faire l'amour. Vous m'avez avertie - que je serais - peut-être, celle dont vous avez besoin - pour consumer, quoi ! - l'ardeur de vos vingt ans ? Ce balbutiement est erreintant : je veux un homme... ouvert... à la parole... des autres... un mec... s'offrant, à - soi ?


Ô mon Amour... des bas de soie qu'on jette

Ô Tourterelle... au ventre lourd

Sois donc tournée !

Vanté l'atour litigieux !

Et velu ton retour !

Ô absence, cadence de ma vengeance !

Tu mentirais son coeur...

Je vomirais le sien...

Et nous vivons quand même ?

 

Vous osiez l'ombragée : je suis ici dans l'idée seule de plaire : Agathe Are : poète en atmosphère. Robotisée, a traduit juste - dévissant l'esprit - promis d'y faire un axe de vies demeurées un enfer... Aura livré, sans vos pardons - la guerre de drus calices - parfaitement développés. Mesurez, le premier - cet effet - de l'étoffe - parée - pour vous - de son coeur - ouvragé - puisqu'enfin, vous lisez ?

Je pose ma langue - sur un désir de fourche, mon âme - réduite, tandis que, de sa trace - associe, ventre - et sein - coeurs au dos, de ce qui contient, le beau moellon - offert de boire, à l'ongle d'une proie, giflant - la griffe - au visage, de traits - silencieux. J'ai besoin... du pardon.


I'm fucking right in love with you...


Monsieur mon étranger, je crois que vous lisez dans la faction de mon épaule... et devine un visage aigu, ma main mise à l'écart, votre lecture d'une page froissée du banc des heures timides... Je vous lis ce double couplet dont un rejet fera la porte étroite, et vous continuez... la confidence ?

 

Because it's you.

Because it's me.

 

Allez, mon Frère... allons, Grand coeur Sauvage ! Nous partons - tous les deux, au revers de ma page - bénis du seul désir de vous, dont la voix suffit  même à mentir à ce fou qui dit de l'anathème - qu'il est - Amour de tout... Lisons des pages écrites, échappons au détroit volage, et quittons ce malheur - étant, toi et moi - nous ?"

 

Jeune Ami :

Voilà ce que l'infidélité rend possible impossible : je dis que l'on n'oublie jamais. Et puis la douceur d'élan chère - préservée, nous sommes le propre voyeurisme - queue de je m'en fichant des survivances à l'autre - base et menton des mots, demeure en fonds... Il arrive de connaître un avis de l'ordre du sensible - non pas du monde... Onde au plaisir - et le nôtre - et le mien - qui n'est rien sans la retrouvaille, éternité perdu d'un temps des inductions - coulant source au savoir. Et sans vous ?, à la question du tort ? du vrai baiser...?

Je vous salue Marie - pleine de place, le Seigneur est entre nous, vous êtes bénie dans toute femme, et je suis avec vous. Est-ce un homme de Dieu - un homme, ou Dieu - qui ressuscite ? Les mots sont un secours à l'âme solitaire. Point de ces forces - en eux, mais de sa rime, en feu... étant un seul recours au Père. Je crois en Dieu - manifeste... Votre contact me satisfait. J'étrangle un peu seulement les pages. Jeune Ami au sein de cet âge - je garde un espoir qu'elle se confie en moi. Je suis le sens et l'axe, ou la géométrie, l'amour, le doux et le sauvage.

Elle a dit oui à l'embarras de gardes - au fort qui manifeste, mais à l'ennui. Je dépose ici qui s'y est retenu de droit, mots entiers. Ma réflexion est tendre - l'histoire morte. Elle est ce qui se voit, je suis ce qui se vit d'étrange. Le temps continue son vaste empire - qui nous achève. Nous aimons, soyeux aimants de rires anciens. Je n'aime pas ça, je l'aime elle. Nous saurons taire et croire toujours - rien dire, et nous défaire de la croûte océane... Si la machine allait ralentissant - mes nerfs seraient à vif, car j'en suis dépendant.

 

...


Jeune Ami :

Echouer : manquer la station des ténèbres et partir d'un grand rire caverneux. Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! La peau ?, de quoi !, douceur calibrée d'un faux débit. Les mots d'ici ne viendront plus, mon ange - ni ton ardeur à l'écoute de ton enfer des jours qui passe. Les mots qui t'ont livrée t'auront perdue aussi bien que la vie qui t'enchante en lie des autres. L'inspiration de la transmission bandera cette arme, de ce que tu sais, de ce que tu en sais maintenant d'un autre. Ce que tu lui auras livré de toi - la manche dans ta main, ma partie reportée toujours au refrain de la vie, ou de ta mort...


Agathe Are :

- Chez moi, il y a un radeau...

- Un radeau ? Mais où diable habites-tu ?

- Chez moi... où il y a un radeau.

- Il ne faut pas dire que chez toi, il y a un radeau... ce n'est pas juste, ça !

- Pourquoi ?

- Parce que tu habites sur ce radeau, n'est-ce pas ?

- Non ! Chez moi, il y a un radeau.

- Allons, décris-le, ce radeau...

- Il est carré, avec des troncs d'arbres attachés par une corde solide et néanmoins...

- Néanmoins...

- Il n'est pas à moi.

- Tu veux dire que tu n'y vis pas ? Qui s'y trouve alors ?

- Personne.

- Ecoute, je ne te comprends pas...

- C'est pourtant simple...

- J'essaie, tu sais ?

- Je sais.

- Alors, dis-moi où tu habites, à la fin ?

- Chez moi, où il y a un radeau !

- Oui... ça je l'ai compris, mais...

- Qui habite ce radeau ? Je te dis qu'il n'y a personne à bord !

- Et toi, où habites-tu ?

- Je ne sais pas.

- Tu as bien un endroit où dormir, tu ne te souviens pas ?

- Chez moi, il y avait un radeau...

- Il est parti ? En voilà une bonne nouvelle !

-...


Jeune Ami :

Oui.


 

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Avanguardia

Le rayon des nouveautés littéraires. En relation avec Paris.

 

 

Marie-Gabrielle Montant, Le livre de l’anomalie, cratères littéraires, Éditions du Cygne, Paris 2006, pp.73

Interview faite par Alessandro Cesareo.

 

Nous souhaiterions nous expliquer, relativement à l’incipit e l’explicit de cet intéressant et stimulant excursus dans la personnalité humaine que Marie-Gabrielle Montant a su nous donner, en cela aidée par la douce mélodie de la langue française et par l'extrême compétence avec laquelle elle-même a voulu introduire des termes décidément pregnants, avec le tangible effet de rendre compréhensible et agréable une matière raréfiée et fondue, comme l'est bien sûr celle de notre intériorité. Tenter donc de comprendre les caractères généraux de l'anomalie - d'après un arrière-plan littéraire, et culturel - nous a interpellés - contribuant à rendre la lecture et l'analyse de ce livre extrêmement engageantes.

 

Un livre – que j’aimais écrire, ressemblait à une terre creuse – sombre et entière, conduisant à l’enfer, d’être compris puis jugé fou. Le livre que je veux lire est le mien – une vague, parmi d’autres parcourue, aussi brièvement ou parfaitement qu’une femme, derrière un paravent blanc.

J’y confonds la virgule au timbre contigu, la lettre, manquant à l’union injurieuse de l’oubli et de l’ennui, à la fine pluie de pâtes tromboneuses et au plaisir béton. On ne s’y aime pas – s’y juge pas, et l’énergie qu’on s’y échange est suave et profonde.

Rien n’y a de prix que le cadre moral d’un code, personnel – où le silence sauve d’une question qui tue pour me faire entrer, seule, dans la matière.

 

Entrée en matière… une expression ravie - de ceux des vivants placés à l'Olympe, s'agissant ici d'un lieu de travail, gisant au fond d'un coffre-fort, où l'on se laisse et se retrouve, préservé, hors du temps, à l'abri de la matière, impénétrable, sans la volonté du possible dans la foi, et sans une expérience limitée à la parole, et au verbe éternel.

J'y fais passer cette chose qui ne vient pas de moi, mais qui est moi...

 

Marie-Gabrielle Montant, cit, p.5

 

 

1)- Marie-Gabrielle, penses-tu que ton intéressante réflexion "sur l'anomalie" puisse avoir une éventuelle suite dans une publication à venir ?

Avant tout, l'anomalie est un chant spontané, agréablement féminin. Mon nom de jeune fille est Chiesa et je me souviens d'avoir dit être de culture française. De fait, pourtant, je me sens profondément italienne, ce qui est pour moi une source de très grande douceur. Par conséquent, l'anomalie correspond - au moins pour moi - au trait de caractère qui me rapproche le plus d'une femme comme Antigone, allant jusqu'à rappeller aussi certains aspects de la Pithie.

A travers mes paroles écrites, en effet, je laisse entendre que cérébralité et sexualité, au lieu de s'opposer, peuvent aller jusqu'à célébrer d'authentiques noces, nous laissant ainsi libres de vivre à fond nos émotions : d'un état véritable de liberté intérieure dépend effectivement notre bien-être, de même que notre envie de l'avenir...

Il faut donc accepter de combattre pour dépasser son propre état d'âme. La beauté du monde, développée par notre silence, transforme alors à son tour les paroles en amour vécu...

Ce livre est, en substance, le résultat de l'usage que j'aurai fait d'une langue magique, pour pouvoir me rendre compte des transformations réalisées...

Dans le roman que je suis en train d'écrire maintenant, je voudrais donc reprendre le développement, et le faire de manière absolument symbolique, de thèmes du calibre de l'intériorité et de la sexualité. J'espère ne pas me tromper dans le choix de la géographie intérieure, parce que je pense que du degré de clarté de notre vision, ou de combien nous sommes vrais ou pas, dépend également notre cohésion sociale. Il y aurait beaucoup à faire, au niveau littéraire, pour aider les personnes à ne pas se perdre dans les voies virtuelles, qui peuvent éloigner de la réalité humaine, comme nous reconduire à une plénitude encore consciente d'elle-même.


2)- D'après toi, que pourrait faire l'une de tes contemporaines italiennes,  pour interpréter au mieux le sens "de l'anomalie" ?

Mon sentiment, ou mon intuition, me montrent l'importance d'une mystique sexuelle - au contraire d'une mystification du sexe... je voudrais, en effet, que notre corps nous aide à lire le parcours humain de notre âme - toujours vivante, et vécue. Je souhaiterais - en d'autres termes, que l'attraction amoureuse ne soit pas réduite à des besoins apparemment infantiles, parce que cela signifierait qu'il y serait manqué une seule parole... peu importe laquelle, mais une parole réellement sentie, qui nous dise comment faire pour être femmes - et mères - aussi dans un sens spirituel, et pas uniquement physique.

Je confie alors à la femme italienne qui m'est contemporaine une note que j'avais écrite pour des lecteurs français, juste avant de jeter cette bouteille à la mer, bouteille sur laquelle se lira "le livre de l'anomalie"... mais bouteille, réellement jetée à la mer ! En espérant, bien sûr, que la communauté humaine se laisse bientôt réveiller par l'urgente nécessité de prendre conscience de toutes ces réalités intérieures, choses qui d'abord nous appartiennent, nous rattachant précisément à ce qui se passe dans le monde actuel. J'espère encore que mon écriture, indépendamment d'une lecture qui s'en serait faite - orale, ou pas - est, et demeure accessible - pour une amie italienne, aussi en français...

 


Note de l'auteur à l'adresse de ses lecteurs.

 

Ce livre, rédigé en prose poétique - est le récit d'un sauvetage et deviendra, sans doute - celui d'une évasion.

Dans la narration, l'auteur(e) s'est adressée à une personne nommée Anomalie - dont elle se fait rapidement l'interprète, puisque modelée par son isolement, celle-ci pratique une langue étrange et ininterrompue...

Dans son parcours d'écriture, Marie-Gabrielle Montant rejoint son personnage - "du présent au présent par le don" qu'elle lui aura fait d'elle-même, d'une femme à l'autre - ou d'un sentiment de perdition, à la certitude d'un salut.

Ce texte est la traduction d'un symbolisme fort, en quête d'une femme virtuelle mais vitale, par le dépassement des images, évocateur de ce qui séparerait Eve, de Marie  et d'avantage de ce qui les unit.

 

Le livre de l'anomalie récite un système de valeurs non établies ; ce faisant, il crée un vecteur de lumière intérieure, apte à la sauvegarde de la vie - avec l'implication de  mourir à soi-même.

Il nous ferait prendre la vague, sûrs - qu'arrivés au large, une terre nous aurait souri - d'une énième dimension encore bien réelle.

Ce petit livre en volume n'est pas à chevaucher - étant déjà un premier pas vers l'avenir, que l'on choisit de faire ensemble - dans la solitude de la lecture.

Marie-Gabrielle Montant, après avoir travaillé à Paris dans l'univers du spectacle de l'éphémère, s'est mariée, et est devenue la mère de quatre enfants - encore jeunes. Elle est par conséquent très sensible à la valeur de l'éducation et de la parole comme s'agissant d'éléments stabilisants de la vie, celle-ci étant elle-même dirigée par le mouvement et une ouverture continue au changement et à la croissance. Enfin, Marie-Gabrielle ressent le profond désir, de laisser - comme des cailloux blancs - les prises de conscience qui à plusieurs reprises ont caractérisé son histoire, même si, de celle-ci - ils ne diront pas tout...

 

www.editionsducygne.com

ISBN : 2-84924-015-X


Avanguardia

Lo scaffale delle novità librarie. In collegamento con Parigi.

 

 

Marie-Gabrielle Montant, Le livre de l’anomalie, cratères littéraires, Éditions du Cygne, Paris 2006, pp.73

Intervista fatta da Alessandro Cesareo.

 

Ovvero, per capirci meglio, rispettivamente l’incipit e l’explicit di questo interessante e stimolante excursus nella personalità umana che Marie Gabrielle Montant ha saputo donarci, in questo agevolata dalla dolce melodia della lingua francese e dall’estrema competenza con cui essa stessa ha voluto introdurre vocaboli decisamente pregnanti, con il tangibile effetto di rendere comprensibile e piacevole una materia rarefatta e sfumata quale è quella della nostra interiorità. Tentare dunque di capire i caratteri generali dell’anomalia in un interessante sfondo letterario e culturale ha contribuito a rendere la lettura e l’analisi di questo libro estremamente coinvolgenti.

 

Un livre – que j’aimais écrire, ressemblait à une terre creuse – sombre et entière, conduisant à l’enfer, d’être compris puis jugé fou. Le livre que je veux lire est le mien – une vague, parmi d’autres parcourue, aussi brièvement ou parfaitement qu’une femme, derrière un paravent blanc.

J’y confonds la virgule au timbre contigu, la lettre, manquant à l’union injurieuse de l’oubli et de l’ennui, à la fine pluie de pâtes tromboneuses et au plaisir béton. On ne s’y aime pas – s’y juge pas, et l’énergie qu’on s’y échange est suave et profonde.

Rien n’y a de prix que le cadre moral d’un code, personnel – où le silence sauve d’une question qui tue pour me faire entrer, seule, dans la matière.

 

Entrée en matière… une expression ravie - de ceux des vivants placés à l'Olympe, s'agissant ici d'un lieu de travail, gisant au fond d'un coffre-fort, où l'on se laisse et se retrouve, préservé, hors du temps, à l'abri de la matière, impénétrable, sans la volonté du possible dans la foi, et sans une expérience limitée à la parole, et au verbe éternel.

J'y fais passer cette chose qui ne vient pas de moi, mais qui est moi...

 

Marie-Gabrielle Montant, cit, p.5

 

 

1)- Maria-Gabriella, pensi che questa tua interessante riflessione "sull'anomalia" possa avere un eventuale seguito in una successiva pubblicazione?

Prima di tutto, l'anomalia è un canto spontaneo, gradevolmente femminile. Il mio cognome da nubile è Chiesa e ricordo di aver detto di essere di cultura francese. Di fatto, però, io mi sento profondamente italiana e questo è per me fonte di grande dolce dolcezza. Percio', l'anomalia  è  - almeno per me  - il tratto di carattere che mi avvicina di più ad una donna come Antigone,  oppure che ravvisa anche alcuni tratti della Pizia.

Attraverso le mie parole scritte, infatti, mi auguro che cerebralità e sessualità, anzichè opporsi, possano persino arrivare a celebrare un autentico connubio, così da lasciarci liberi di vivere a fondo le nostre emozioni : da un autentico stato di libertà interiore può infatti dipendere il nostro benessere, e così anche la voglia dell'avvenire...

Bisogna dunque accettare di combattere per oltrepassare il proprio stato d'animo. La bellezza del mondo, svolta tramite il nostro silenzio, trasforma a sua volta le parole in amore vissuto...

Questo libro è, in sostanza, il risultato dell'uso che avro' fatto io di una lingua magica, per potermi così accorgere delle trasformazioni realizzatesi...

Nel romanzo che sto scrivendo ora, pertanto, vorrei riprendere la trattazione, e farlo in maniera assolutamente simbolica,  di temi del calibro dell'interiorità e della sessualità. Spero di non sbagliare nella scelta della geografia interiore, perchè penso che dal grado di chiarezza della nostra  visione, ovvero da come siamo autentici, o no, dipende anche la  nostra coesione sociale. Ci sarebbe molto da fare, a livello letterario, per aiutare la gente a non perdersi nelle vie virtuali, che possono allontanarci dalla realtà umana, oppure ricondurci alla pienezza consapevole della stessa.



2)- Che cosa ritieni possa fare - oggi - una donna italiana tua coetana per interpretare al meglio il senso "dell'anomalie" ?

Il mio sentimento, o la mia intuizione, mi mostrano l'importanza di una mistica sessuale - al contrario di una mistificazione del sesso... io vorrei, infatti, che il nostro corpo ci aiutasse a leggere il percorso umano della nostra anima - sempre viva e vissuta.  Vorrei, in altre parole, che l'attrazione amorosa non fosse  ridotta a bisogni apparentemente infantili, perchè in tal caso sarebbe mancata soltanto una parola... qualsiasi, pero' una parola davvero sentita, che ci dica come fare per essere donne, e madri - anche nel senso spirituale, oltre che corporale.

Confido ora alla donna italiana mia coetana una nota scritta per lettori francesi prima di mettere questa bottiglia in mare, bottiglia sulla quale si leggerà le livre de l'anomalie... bottiglia davvero buttata al mare ! Sperando, è ovvio, che il popolo umano sia presto svegliato dall'urgente necessità di prendere coscienza di tutte queste realtà interiori, cose che sono prima di tutto nostre, proprio come accade in questo mondo attuale. Spero ancora che la mia scrittura,  a prescindere dal fatto che sia letta oralmente o no - sia e rimanga accessibile per un'amica italiana, anche in francese...

 


Note de l'auteur à l'adresse de ses lecteurs.


Ce livre, rédigé en prose poétique - est le récit d'un sauvetage et deviendra, sans doute - celui d'une évasion.

Dans la narration, l'auteur(e) s'est adressée à une personne nommée Anomalie - dont elle se fait rapidement l'interprète, puisque modelée par son isolement, celle-ci pratique une langue étrange et ininterrompue...

Dans son parcours d'écriture, Marie-Gabrielle Montant rejoint son personnage - "du présent au présent par le don" qu'elle lui aura fait d'elle-même, d'une femme à l'autre - ou d'un sentiment de perdition, à la certitude d'un salut.

Ce texte est la traduction d'un symbolisme fort, en quête d'une femme virtuelle mais vitale, par le dépassement des images, évocateur de ce qui séparerait Eve, de Marie  et d'avantage de ce qui les unit.


Le livre de l'anomalie récite un système de valeurs non établies ; ce faisant, il crée un vecteur de lumière intérieure, apte à la sauvegarde de la vie - avec l'implication de  mourir à soi-même.

Il nous ferait prendre la vague, sûrs - qu'arrivés au large, une terre nous aurait souri - d'une énième dimension encore bien réelle.

Ce petit livre en volume n'est pas à chevaucher - étant déjà un premier pas vers l'avenir, que l'on choisit de faire ensemble - dans la solitude de la lecture.

 

 

 

Nota dell'autrice ai suoi lettori.

 

 

Questo libro, redatto in prosa poetica, è il racconto di un salvataggio e diventerà, probabilmente, quello di un' evasione.

Nella storia, l'autrice si è rivolta ad una persona chiamata Anomalia, di cui si fa rapidamente l'interprete, poichè, modellata dal suo isolamento, questa si esprime in un linguaggio strano e ininterrotto.

Nel suo percorso di scrittura, Maria Gabriella Montant raggiunge il suo personaggio "dal presente al presente" attraverso il dono che le avrà fatto di se stessa, da donna a donna, oppure da un sentimento di perdizione alla certezza di una salvezza.

Questo testo è la traduzione di un simbolismo forte, proteso alla ricerca di una donna virtuale ma vitale, posta al di là delle immagini, evocatrici di quanto separerebbe Eva da Maria, e ancor più, di quello che le unisce.

Il libro dell'anomalia, infatti, recita un sistema di valori non stabiliti e, nello stesso tempo, crea un vettore di luce interiore, custode e salvatore della vita, con l'implicazione di morire a se stesso.

Ci farebbe dunque prendere l'onda, certi che, arrivati al largo, una terra ci avrebbe sorriso, di un'ennesima dimensione, ancora ben reale.

Questo piccolo libro non è da cavalcare, essendo già un primo passo verso l'avvenire che si sceglie di fare insieme, nella solitudine della lettura.

Maria-Gabriella Montant, dopo aver lavorato a Parigi nell'universo dello spettacolo effimero, si è sposata ed è diventa madre di quattro figli, ancora giovani. E percio' molto sensibile al valore dell'educazione e della parola come elementi stabilizzanti della vita, essendo questa stessa  sempre protesa nel movimento e nella continua apertura al cambiamento ed alla crescita. Infine, Maria-Gabriella avverte il profondo desiderio di lasciare come sassi bianchi le prese di coscienza che a più riprese hanno caratterizzato la sua storia, anche se di essa non diranno tutto...

 

www.editionsducygne.com

ISBN : 2-84924-015-X


Au milieu des chants

 

 

 

Chant premier...

 

 

 


Poupée de fer

 

Une poupée de fer

Allait dansant

A ce mot teint de vair

Tout en branlant...


Sa voix tinte l'hiver

Eperdument

Arrivée la dernière

En s'en voutant...


Une cale étrangère

Etonnamment

Enchaîne un ver de terre

A l'aube un temps...


Une poupée de l'air

Assidûment

Emporte à nos enfers

Tous nos parents...


Une poupée Amour

En son mitan

Embrasse un autre vers

Et s'enlaçant...


Tous nos petits mystères

Désenvoûtant

Auront à la chaumière

Conté l'amant...


A nos bras de misère

Amoureusement

Arrête un bras de mer

En s'immisçant...


Vouons à la rivière

Tout en cabrant

Le culte de sa mère

Celui du temps...


Où la poupée de fer...


 


Quel auteur ?

 

 

Panino Pianino n'avait pas rougi - les yeux pourtant braqués des angles dessinés présents repentants naïfs, à cet axe fastueux qui conduit en magie au mot simple qui meurt...


Elle, amoureuse - arrachait par poignées les cheveux tombés de main forte à la rosée qui s'éveillait homme gris - l'oreille des mots promettait le suc onctueux d'une chair égale à ce goût pimenté de la coquille Saint-Jacques...


Un coeur enchaîné, la dame embellie tambourina s'investissant de la dague encore profondément enfouie - son histoire, secrète - le ton de son amour saccadé d'un creux de la voix qui s'inonde - à la flamme tremblante de toute idée ; le verbe absent s'aimait ainsi, laissant aller ces mots : "Ecris-moi des étrennes sur la peau...".

 

 

Jouer sur les mots intime veto...

 

...

 

 

 

La page

 

La page est blanche,

un vieil ami m'attend.

 

Je suis en carré de bonheur

assis devant ses jours,

à l'autre partie de mon coeur,

il a trouvé l'amour...

 

Je sais les mots emplis de vide,

son vide à lui, le mien de moi...


Au cadran de l'honneur à se voir en vie,

nous saluons à cette heure

le coeur de son oubli - le mien, parti.

 

 


Quel rêve ?

 


De la poésie au roman se fait le pas unique dont il sera ce chemin doux, captif de nos vérités manifestes - Panino, tandis que la vie copie des noblesses éteintes et conduit au passage...

 

Ce rêve en arcades de tempes met le baillon du sang amer à la bouche goûtée des larmes d'oisillons - le rire humain du soupir aristocratique...

 

Remets-tu en cause l'existence glauque à l'écho sourd d'avals anciens - visage clos des retenues ? Tu pressens ma question - naturelle, présente ou sans lendemain...




Incorrigible est ma fortune...


...




Chant second...




L'écoute du sourd...


Le sexe ployé pour l'amour...

Penche tes yeux dans l'écoute du sourd...

Emascule l'envie d'un départ du loup...

Assimile sa joie...

Arrache un masque...

Constitue ton absence...

Coupe leurs mains folles...

Ton amertume amandée...

Sexe accueilli par la foi...

Posté à son aplomb...

En pleine croix...

 

 

 

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A mi-parcours

 

Introduction

 

 

Prise un jour, jouant l'eau de la rivière de peau qu'un glissant serpent d'acier vert à ce puissant amant martela d'étoiles - à ce front d'ivoire... je décrivis, par son aspect - la couverture triangulaire de ce brillant de foi qui a fait l'eau.

La loi venue d'ailleurs s'épandait encore en des bras que j'aimais, tandis que l'amour d'un jour fuyait son tour, une gorge nouée douloureuse et sa note tenue d'infinies paroles amères...

J'aurais pénétré l'endroit plaisant au dieu rallongeant notre ciel de quelque décennie, sans le sourire envieux de la mort joyeuse jaloux de la séquence à deux tressant des peines comme amoureux du parler doux de duveteuses soies animales.

Je choisis au caillou du trois de lier secousse et tendre émoi, puisque ce barbare édenté - courant des bois à sa perte - la mienne absente, je buvais au courant des trois ajouté - succédant à cet autre détroit...

La danse longue, ronde - j'applaudis pour toi, et toi seul - le dieu pour l'homme, et pour celui que j'aime... l'une des pierres qui grondent sous ce jeu d'eaux miséricordieuses.


A nous, donc - aux autres...


...

 

 

I

 

 

L'abus du maître...met à l'envers ce corps.


Tu sieds, tu ne sais pas.

Tu dois, ne le dis pas.


La blessure est ce qui te sauve d'un nouvel aurevoir.


"Je sais où dans ton coeur puiser la dime faisant régner l'erreur", dirait-il magnanime - le maître en foi !

Seul, est un maître nu, cratère de mue sans âge... sevrage de nos rues...


A la question "qui suis-je ?", je répondais

comment il servirait de le savoir sans connître mon nom...

Grande paresse de qui s'en est allé quêter l'Amour...


Passer par le plaisir pour accéder à l'être...

Commencer d'écrire un poème à travailler,

en traduire les idées maîtresses...

 

Plus besoin de coussins, ni de parade, la porte refermée, il cède là où l'appréhension physique masquait la peur plus spirituelle : sa nature... Embrasse-moi, emmène-moi - aux mains sales - écoeurée, l'amour brassé, regard poilu, sourcil félin exorbité de singe, désir moribond - meurtrière - vague et trépas anguleux blasphémant tes pas... Ne m'oblige pas, mais sauve-toi : ils viendront protéger ton souffle... Il ne voit pas. J'oublie, face à l'amplitude couvrant gêne bourgeoise et vers éjaculés quadrillés des faits mal armés de notre courage des mots malhonnêtes. Ouvrage catin, experte en lendemains de femmes assorties utérines : paradoxal, amical, oral, peureux, moral - amour au féminin désireux du lien. Plus bas : au romarin épris de repentir : "Reviens, reviens, demain...". Cet amour - au pré des verbes mensongers épargnait le regard sulfureux du seul amoureux combattant l'heure duelle - d'une plainte et sosie - chantant, quand vous parlementiez - riant, quand vous émerveilliez, égoïstement travestie... sa maison faille au plebiscite.


Le jour est aujourd'hui celui d'hier...


...

 

XL

 

 

Vêtu du bleu d'orange, à votre peau grainée, que je malaxerai humide, étage en transition du mot sauvage, à l'ex voto maussade d'une histoire debout, tendresse aux à-côtés, feux vos miroirs à mon salut courtois, ma main soumise à ma jouissance en vous règne là-bas.


La bouche au coeur, vos paroles à moi soufflent de leur voix double l'erreur. Contraint par vos doigts, le feu en loi frigorifiée, fort du songe qui vit en moi, partage déjà scarifié ce nuage d'amour sublimé me laissant dévoré, mais sucé par le goût ambré d'un jour à la vedette aux quatre tours d'éternité.


Combien est lourd celui qui te porte à mon Amour à ce détour d'une rue, je le vois qui t'emporte à cet efant de suie calibré par l'ennui aux lenteurs océanes, qu'une idole de buis écartèle en quartiers tandis que moi, je me demande à le suivre comment l'adopter.


La course des baisers volés, à cet écart chevaleresque, j'entraine ma bride vers sa vague désenclavée, pour un visage à la crinière de ligne d'eau transpercée. Mon âme de silence, sa parole de trame, sa guise de semence à la mienne de lame, au fond, serions-nous flamme ?


Temps éteint du jour ancien, bénédiction des tombes, rape, lape, flèche, lèche, feu du nom d'indigène vertu à l'arbre de couronne une enseigne échancrée de l'arbitre au blasphème qui vient.


Le recueil étanche étouffe la voile éclaircie de leurs angles, ancrage à la plume admirable où je pends immondice effaçant le sable qui servait au vice, oubliant le monde et le fils sans que jamais glisse à ma gorge le collier qui se tisse en calice.


Un sexe qui pénètre ronge et range édifice d'audace requise à de nouveaux supplices. Mes peurs auront séché son oeil rougi par la brise des cieux, corsettant le dieu sincère que j'étais en colère du dessein des adieux au choc maléfique.


Accouplée à mon chemin de trève, sa vie espère en d'autres temps que des mots la révèlent au coeur de mon amant. Je n'ai rien à dire, rien à montrer, ni à aimer, tout à donner.


Je m'interroge à ce paradoxal échange où d'aucuns seront autistes... et ne l'apparaîtront pas.

Je ne comprends, ni ne conçois que d'autres - ou certains...

aient à supporter l'héritage de quelque trou dans l'atmosphère - et du language humain ?

Je crois bien que cela est très lourd à porter !


Depuis quand l'enfant vivait-il sa nuit ? Une nuit le jour ? Ce capricieux enfant qui n'attendrissait pas dérobait des anneaux. Ses voeux trop tendres seraient agneaux sacrifiés à l'orifice ouvert des mots factices... Les mots qui ressuscitent - plus jeunes encore ! - légitimes - légaux - nous feraient faire le tour de leur doux hémicycle maintenant leur niveau... Je ne pourrai porter une charge à l'épaule ayant su exprimer le placenta du sans courage - ignorant la raison à aimer une vie habitée du sens de ton effort vivant de l'intérieur ta douleur crue unique. Ignorait-on seulement l'heure advenue qu'on avait attendue taisant alors l'erreur vécue ? La rencontre de l'homme exilé, blessé, imposé, n'est pas le mensonge d'une parturience à la vérité peu voilée, mais bien souvent l'absence d'une femme qui tut le rêve de la fée frôlant sa médisance...

 

J'aime ici sa faim de lui en moi...

 


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07.05.2009

Trilogia (prefazione dell'autrice)

Traduit par Camilla Diez, avec mes plus réels remerciements...


Le livre de l'anomalie, redatto in prosa poetica, è il racconto di un salvataggio e diverrà, probabilmente, quello di un’evasione. Nella narrazione, mi sono rivolta a una persona chiamata Anomalia – di cui divento presto l’interprete, poiché, modellata dal suo isolamento, questa pratica un lingua strana... e ininterrotta.

Nel mio percorso di scrittura, raggiungo il mio personaggio – “dal presente al presente tramite il dono” – che le avrò fatto si me – di una donna – all’altra – o da un sentimento di perdizione alla certezza di una salvezza. Questo testo è la traduzione di un simbolismo forte, alla ricerca di una donna, virtuale ma vitale, tramite il superamento delle immagini – evocatore di ciò che separava Eva da Maria, e ancor di più di ciò che le unisce.

Questo libro recita un sistema di valori non stabiliti; facendo ciò, crea un vettore di luce interiore, atta alla salvaguardia della vita, con l’implicazione di morire a se stessi. Dovremmo prendere l’onda – sicuri che arrivati al largo – una terra ci avrebbe sorriso – da un’ennesima dimensione, ancora molto reale... Questo libretto, in volume, non è da cavalcare, essendo già un primo passo verso l’avvenire che si sceglie di fare insieme – nella solitudine della lettura.

La storia presente – al centro del libro dell’anomalia – racconta la vita, ancora condivisa, di un cuore che batte, e vile, la paura di considerarsi parlante, rivelandosi ricca di troppi atti mancati... Bastava tuttavia ascoltarsi, e volere ciò che qui fa la narratrice – dal principio alla fine stancata da un ricorso al linguaggio sterile, suscettibile di rinchiudere anime belle...

Lo stile ricorda una litania silenziosa, che si accontenta di immagini, nella ricerca di una bellezza passata che si mostrava – permettendo di esprimervisi. Risulta da questo libro una possibile lettura di ciò che sarebbe inscritto ‒ in una sorta di dialogo nell’intimo profondo, provando a passare in un’apertura alle parole presenti, così come nella necessità assoluta di trattarle come materia viva, ma seconda...

Il “libro” è dunque quello di Anomalia – ragazza resa al suo stato selvaggio, maltrattata – nella sua incapacità di rifiutare la parola dell’altro, con ciò che essa rappresenta della sua realtà sociale attraverso un prisma interiore…

Anomalia è il nome ricevuto, nel suo percorso coraggioso di riappropriazione di se stessa – piena, di ciò che si sente del suo desiderio del mondo, a causa dell’altro – che l’aspetta, travolge e fa infine rivivere, della credenza che essere anomala apre alla felicità dell’infinito – senza seppellire viva, ricoperta della vergogna di scemare in piedi, ma restituendo il suo cuore al suo dovere di bocca – questo storico di vita plurale, di ciascuno…

“Il mio libro si legge in un pieno, a partire dal vuoto – una sorta di roccia ossuta – o melodia...”

Attraverso il suo primo libro, la voce dell’anomalia si è aperta un varco – verso il largo delle sue altre parole. Il nuovo spazio orienta – ancora vergine – la sua ricerca di stile, mentre una poesia prodiga la struttura, e il nuovo supporto che la trasporta... Tutto è sempre permesso: una pienezza del bambino, dell’istante – riempie del suo felice seguito, poiché si avvicinava alla sua fine della ricerca navigabile, varcando l’orizzonte visibile del suo solo universo segreto. A mi-parcours apre la via delle parole al suo altro – grandezza naturale, il cui incontro si perfeziona Au milieu des chants...

 


Marie-Gabrielle Montant


 

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06.05.2009

Trilogie (présentation de l'auteur)

 

Le livre de l'anomalie, rédigé en prose poétique - est le récit d'un sauvetage et deviendra, sans doute - celui d'une évasion. Dans la narration, je me suis adressée à une personne nommée Anomalie - dont je me fais rapidement l'interprète, puisque - modelée par son isolement - celle-ci pratique une langue étrange... et ininterrompue.


Dans mon parcours d'écriture, je rejoins mon personnage - "du présent au présent par le don" - que je lui aurai fait de moi-même - d'une femme - à l'autre - ou d'un sentiment de perdition, à la certitude d'un salut. Ce texte est la traduction d'un symbolisme fort, en quête d'une femme - virtuelle, mais vitale, par le dépassement des images - évocateur de ce qui séparerait Eve, de Marie - et d'avantage de ce qui les unit.

Ce livre récite un système de valeurs non établies ; ce faisant, il crée un vecteur de lumière intérieure, apte à la sauvegarde de la vie, avec l'implication de mourir à soi-même. Il nous ferait prendre la vague - sûrs, qu'arrivés au large - une terre nous aurait souri - d'une énième dimension, encore bien réelle... Ce petit livre, en volume - n'est pas à chevaucher, étant déjà un premier pas, vers l'avenir que l'on choisit de faire ensemble - dans la solitude de la lecture.

L'histoire présente - au centre du livre de l'anomalie - raconte la vie, encore partagée - d'un coeur battant, et lâche - la peur de se considérer parlant s'avérant riche de trop d'actes manqués... Il suffisait pourtant de s'entendre, et de vouloir ce que ferait ici la narratrice - de bout en bout lassée par un recours au langage stérile susceptible d'enfermer de belles âmes...

Le style en appelle à une litanie silencieuse, se payant d'images, quêtant une beauté passée qui se donnait à voir - permettant de s'y exprimer. Il ressort de ce livre que l'on pourrait y lire ce qui serait inscrit - dans une sorte de dialogue au plus intime, trouvant à passer dans une ouverture aux mots présents - ainsi que la nécessité absolue de les traiter comme une matière vivante, mais seconde...

Le "livre" est donc celui d'Anomalie - jeune fille rendue à son état sauvage, maltraitée - dans sa propre incapacité à refuser la parole de l'autre, avec ce qu'elle recouvre de sa réalité sociale à travers un prisme intérieur...

Anomalie est le prénom reçu, dans sa démarche courageuse de réappropriation d'elle-même - pleine, de ce qui s'entend de son désir du monde, à cause de l'autre - qui l'attend, bouscule et fait revivre enfin, de la croyance - qu'être anomale - ouvre au bonheur de l'infini - sans enterrer vivante, recouverte de la honte à diminuer debout, mais restituant son coeur à son devoir de bouche - cet historien de vie plurielle, à chacun...

"Mon livre se lit dans un plein, à partir du vide - une sorte de roche osseuse - ou mélodie...".

A travers son tout premier livre, la voix de l'anomalie s'est frayé un passage - vers un large de ses autres mots. Le nouvel espace oriente - encore vierge - sa recherche de style, tandis qu'une poésie prodigue la structure, et le support nouveau qui la transporte... Tout est toujours permis : une plénitude de l'enfant, de l'instant - emplit sa suite heureuse, puisqu'approchait sa fin de la quête navigable, franchissant l'horizon visible de son seul univers secret. A mi-parcours ouvre la voie des mots à son autre - grandeur nature, dont la rencontre se parachève Au milieu des chants...

 


Marie-Gabrielle Montant

 


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05.05.2009

Le livre de l'anomalie



" Un livre - que j'aimais écrire, ressemblait à une terre creuse - sombre et entière, conduisant à l'enfer... d'être compris puis jugé fou. Le livre que je veux lire est le mien - une vague, parmi d'autres parcourue, aussi brièvement ou parfaitement qu'une femme, derrière un paravent blanc.

J'y confonds la virgule au timbre contigu, la lettre, manquant à l'union injurieuse de l'oubli et de l'ennui, à la fine pluie de pâtes tromboneuses et au plaisir béton. On ne s'y aime pas - s'y juge pas, et l'énergie qu'on s'y échange est suave et profonde...

Rien n'y a de prix que le cadre moral d'un code, personnel - où le silence sauve d'une question qui tue pour me faire entrer, seule, dans la matière...

 

Entrée en matière... une expression ravie - de ceux des vivants placés à l'Olympe, s'agissant ici d'un lieu de travail, gisant au fond d'un coffre-fort, où l'on se laisse et se retrouve, préservé, hors du temps, à l'abri de la matière, impénétrable, sans la volonté du possible dans la foi, et sans une expérience limitée à la parole, et au verbe éternel.

J'y fais passer cette chose qui ne vient pas de moi, mais qui est moi... une queue très longue ou la traîne dont on ne verra pas le bout, entrer dans le secret - pousser une porte, et revenir la mémoire abâtardie d'avoir évoqué quelques souvenirs.

Je souhaite y pratiquer le type de magie visuel, inusuel, qu'exercent sur moi les corps de ceux que j'aime, et qui m'aiment aujourd'hui. Relire, m'acquitter, faire de phrases des sentences, refermer le livre, le faire cesser...

Entrer en matière, naturellement, comme la fleur qui se relève, sous l'effet de l'eau lourde à son pied.

 

Le format, coté - de ce mort et son texte, gravé dans la pierre... entrouvre alors ma porte à un filet d'eau, le souffle chantant des mots - leur préciosité, leur grossièreté de truite, leurs maladresses à venir, leur façon de tourner en rond, leur richesse infinie - conduisant à la vraie pauvreté mentale, quand elle mène nulle part.

Ce squelette - enterré, devenant filet d'eau que l'on boit - sauveur, et nourricier.

Ces mots comme une arme... pour moi, qui avais eu la langue coupée et qui peinais, au milieu des temps, musicalement - ayant besoin de dire...

 

Moi, qui avais besoin d'une arme pour trancher sans arrêt, comme un second moi-même la tête de tous ces serpents, vieux - pour tenter de retrouver un petit bout de la chair qui m'avait faite avant qu'il ne soit trop tard. Sinon condamnée - à errer dans un monde idéal sans culture ni repère, ni identité réelle.

Quatre, de ces grands mots forts et bien dimensionnés faciles à abuser - mort, résurrection, lumière et expression - étaient tout ce qu'il me restait parce que vous construisiez la prison de malheur, sur le silence de tombe...

Votre prison de mots, derrière une vitrine opaque que vous aviez placée devant vos actions muettes... mon corps - innocenté de ce temps de la mort.

Par ces mots, vôtres - uniques prétextes à de propres paroles, quelqu'un saurait donc qu'il avait menti. Mais moi j'irais encore à votre adresse et pour votre défense, interroger votre question : "Pourquoi ?"

 

Votre anomalie pouvait certes griser certains esprits : je la voulais aussi... pour vous, décrire - coder, et formater.

Qu'auriez-vous pensé chérir du monde extérieur ? Mais... comment vous ôtait-on la vie !

Auriez-vous répondu aux questions de l'auteur que vous ne seriez pas ?

Autrement augurée - cette chose se produisait-elle enfin passée à votre monde, comme le pain - soudain au prisonnier ?

Loin de vos émotions... mes mots n'affichaient plus de couleurs délavées.

Vous décidiez de revenir, étant la clé... minutée vous sentiez déjà la vie déclinée parlant de vous au féminin.

Quelle éblouissante blessure - vous laissant là, inerte aurait pu entreprendre de vous faire mourir ?

Je voudrais la décrier justement - et refuser ce trousseau toujours insuffisant à vous faire connaître l'être vivant et sensible qui ne prétendrait pas vous aimer, en étant vous-même afin de vous empêcher de parler, crier, hurler, jouer, ou seulement de vous entendre le faire - pour tout vous concéder... mais acceptant que nous soyons les autres à la recherche de ce duo, manquant...

Je voudrais - cependant, traduire ces pensées... vraies, fausses, retardataires, présentes, envahissantes ou tiennes. Par deux points passerait ainsi une ligne et une seule du passé au présent, puis du présent au présent par le don que je t'aurais fait de moi-même, puis du présent à l'avenir. Briserait-on alors ce segment fait de mots et d'histoires et d'un concept mathématique, par la mort du filament qu'il faudrait, c'est vrai - regretter parce qu'il serait encore ce navire dont tous ne s'étaient pas pourvus ?

 

Je voudrais raconter que tu vivais imperturbable en ton esprit.

Alors, je t'en prie ! Ne pense plus, ne représente plus ! Mets en scène, dès à présent - engage ton être entier, et gorges-en toi. Demeure à l'intérieur sachant que l'on ne perd pas. Cultive cette foi qui se pose comme un oiseau qui semble tout ignorer de la terre qu'il foule. Ne t'arrête pas aux satisfactions personnelles - sentimentales, logiques - ou de reconnaissance extérieure. Exige d'arriver au bout des images - ces visages - qui ne sont pas le tien. Ne reste pas dans cette solitude extrême où l'on t'a mise, où tu ne te nourris pas. Evoque ce que tu ressens, rattache-le au plus grand - au plus fort, ne supportant pas l'image... ne pouvant être entièrement vu. Vis pour les autres - sans mourir pour le Tout Autre.

Nous avons des visages semblables ou différents, des amours fusent autour de nous. Beaucoup de liens ne nous regardent pas, ne nous concernent pas, morcelés - inaudibles, et invicibles - et ce n'est pas ce qui me fait exister - même si c'est cela qui t'épuise... Personne ne pourrait te mordre - et m'obliger à mordre. Je voudrais conter ta vie, Anomalie... ta vie comme un journal de bord, ta vie... tout au bord de la mort.

 

Certainement que nombril jamais arrimé - un retour à la ligne devra s'imposer, pour contrecarrer l'action de mes arrêtes occupées à graver.

Car en réponse à pareil entêtement, il fallait que sans traîner chaque mot pèse et tarde...

Celles-là... sentent et souffrent, quand elles évoquent la crête ou le couteau dans la lame... un mot résonne en moi comme chantage et courage, laissant s'échapper bleue une sensation floue de l'avantage...

 

Je saurai donc chasser des mots l'intention d'une femme entêtée !"


 

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